vendredi 24 août 2018

Dans les Côtes-d'Armor, le recyclage s'impose comme la norme pour tous les plastiques

Traiter les plastiques usagés en visant l'objectif de 100% de plastique recyclé voulu par le gouvernement à l'horizon 2025 : le syndicat de collecte des déchets Kerval le fait déjà depuis quatre ans en Côtes d'Armor, sur un territoire où vivent plus de 300.000 
personnes.

Un employé du syndicat de collecte des déchets Kerval, à Ploufragan, le 21 août 2018
Dans le centre de tri et de valorisation de Ploufragan, en périphérie de Saint-Brieuc, défilent sur le tapis roulant des plastiques en tous genres, au gré des arrivées des camions après leurs tournées de collecte : bouteilles en plastique clair ou coloré, bouteilles de lait ou flacons de shampoing opaques, pots de yaourts ou de fromage blanc, films plastiques, barquettes de viande, etc... Tout est réparti avec précision, d'abord grâce à un tri mécanique complété par un tri optique, puis humain en dernier ressort, selon les cas.

Tous les plastiques dans les poubelles jaunes
"En 2014, nous avons lancé une expérimentation sur une partie de notre territoire en demandant aux habitants de mettre désormais tous leurs emballages en plastique dans les poubelles jaunes", explique Béatrice Jeuland, coordinatrice du service de sensibilisation de Kerval, qui réunit quatre syndicats intercommunaux. "Comme ça marchait bien, en 2016, nous l'avons élargi à l'ensemble du territoire", soit toute la partie centrale des Côtes d'Armor, de la baie de Saint-Brieuc au Morbihan.
Pour atteindre cet objectif, d'importants efforts d'explication et de sensibilisation des habitants ont été menés. "Le déchet est une ressource, les gens comprennent ça", résume la jeune femme. Une fois triés, les différents types de plastique sont compactés et finissent en "balles", de gros cubes aux couleurs variées selon leur origine, qui sont ensuite acheminés vers des filières de traitement en vue d'être valorisés et remis dans le circuit.
Pour le moment, certains plastiques ne peuvent pas encore être recyclés. Il s'agit, par exemple, des barquettes de viande ou des sachets de pâtes. "Ce qui ne peut pas être traité dans les filières de recyclage classique, nous l'envoyons dans une autre unité de Kerval où ces résidus sont transformés en un combustible à très forte densité énergétique, le CSR (combustible solide de récupération, ndlr), utilisé notamment par les cimentiers", détaille Mme Jeuland.

"on n'a pas l'esprit de recycler"

Chaque plastique varie dans sa composition et doit donc être traité de manière différenciée. "Ca nécessite un certain nombre de machines spécifiques, et donc des investissements" réalisés par Kerval, relève Mme Jeuland. "Le traitement des déchets, ça coûte très cher", rappelle Thierry Burlot, président de Kerval. "Avec le tri que nous avons mis en place, on est passé de 100.000 à 70.000 tonnes à traiter".
Si le tri n'est pas davantage pratiqué en France, c'est parce qu'il faut du temps pour modifier les usages et aussi parce que le tri va à l'encontre de certains investissements que les collectivités doivent amortir, explique en substance l'élu socialiste, également vice-président en charge de l'environnement au conseil régional. En effet, "quand on a une usine d'incinération sur son territoire, il faut fournir le four tous les jours pour amortir l'investissement", constate-t-il. "On n'a pas assez mis le paquet sur le recyclage en France. Contrairement à d'autres pays, on n'a pas l'esprit de recycler, d'aller vers l'économie circulaire", regrette le président de Kerval.

Un système de bonus-malus

Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique, a annoncé en août 2018 la mise en place d'un "système de bonus-malus allant jusqu'à 10 % du prix des produits”, pour inciter les consommateurs à privilégier des produits fabriqués à partir de plastique recyclé. Ce système devrait être activé "dès 2019" et "monter en puissance”, a déclaré Mme Poirson. Des propositions auxquelles le président de Kerval est très favorable. "Le tri fait gagner de l'argent aux collectivités", affirme-t-il, chiffres à l'appui. En plus, "on est dans une filière vertueuse, on ne laisse pas nos déchets aux générations futures", comme lorsqu'on les enfouit. "Là où je suis assez content, ajoute-t-il, c'est que Kerval agit pour arriver à 0% d'enfouissement des déchets".

Différentes méthodes de recyclage

Pour pousser le recyclage au maximum, Kerval mise donc sur une méthode de tri ultra-performante, directement au sein de son centre. Mais il n'existe pas qu'une manière de valoriser le plastique, et les moyens d'encourager le recyclage sont nombreux. Ouvert depuis fin 2017, un centre de gestion des ordures situé dans le village de Houègbo, au Bénin, ravit les habitants. Ils viennent livrer leurs ordures eux-mêmes au centre et reçoivent, en échange, argent ou crédit utilisable pour un ravitaillement en biogaz. "Nos ordures sont devenues de l'or. On ne les jette plus dans la nature, nous les utilisons pour nous faire de l'argent" témoigne un habitant.

lundi 20 août 2018

Polystyvert: de l'espoir pour le recyclage du polystyrène



Il y a de l'espoir pour le recyclage des barquettes en polystyrène et autres plastiques numéro 6 qui se retrouvent invariablement à la poubelle. L'usine de Polystyvert, spécialisée dans le recyclage de ce matériaux, a été inaugurée ce matin à Anjou.
L'entreprise se targue d'être « la seule au monde à recycler le polystyrène (PS) grâce à un procédé par dissolution en instance de brevet ».
Son procédé « à faible empreinte carbone » ne requiert pas d'eau et peu d'énergie.
L'usine dite « de démonstration » pourra recycler jusqu'à 600 tonnes de PS par an. Elle sert essentiellement à démontrer que la technologie fonctionne ; les citoyens ne doivent donc pas mettre leur polystyrène et leur plastique numéro 6 (le même matériaux, en réalité) dans le bac bleu ou vert.
Polystyvert, qui se décrit comme une startup en technologie propre de Montréal, affirme que l'inauguration de son usine « est un grand moment [car] cela prouve que notre technologie est efficace à l'échelle industrielle et est donc prête à être utilisée à travers le monde. »
Chaque année au Québec, ce sont près de 92 000 tonnes de déchet de PS sont générés, note la PME aux grandes ambitions.
En juin, Polystyvert a obtenu 11 millions de dollars auprès d'investisseurs dont Lino Saputo Jr. ( via Investissements Quadriam) et Energy Foundry de Chicago.

jeudi 16 août 2018

Les biodéchets : une solution pour produire de l’énergie et fertiliser les sols

Les biodéchets correspondent aux déchets organiques issus de ressources naturelles végétales ou animales.
Il existe existe deux catégories de biodéchets : les déchets de cuisine et les déchets de jardin.
Une fois triés à la source, les biodéchets peuvent être valorisés. Ils peuvent être utilisés pour produire un engrais naturel riche en nutriments. Les biodéchets peuvent également servir à produire de l’énergie par combustion ou méthanisation.

Utiliser nos biodéchets pour fertiliser les sols !


Mais au fait, un biodéchet qu’est ce que c’est ?
Les biodéchets correspondent aux déchets organiques issus de ressources naturelles végétales ou animales.
Il existe existe deux catégories de biodéchets : les déchets de cuisine et les déchets de jardin.
Une fois triés à la source, les biodéchets peuvent être valorisés. Ils peuvent  être utilisés pour produire un engrais naturel riche en nutriments. Les biodéchets peuvent également servir à produire de l’énergie par combustion ou méthanisation.

Valoriser les biodéchets

  • Par le compostage :
Le compostage est un processus naturel de décomposition de la matière organique aérobie(c’est-à-dire en présence et grâce à l’oxygène). La décomposition des déchets organiques s’opère grâce à l’action d’organismes vivants tels que les bactéries, les champignons, les vers et les larves d’insectes.
  • Par la méthanisation : 
La méthanisation est un procédé de dégradation de la matière organique anaérobie (par des bactéries, en l’absence d’oxygène) . Elle produit simultanément un mélange gazeux, le biogaz, qui a un intérêt énergétique ainsi que le digestat, qui comme le compost constitue un amendement organique de qualité. Ce substrat permet même de re-structurer les sols qui s’appauvrissent de plus en plus, notamment à cause des engrais chimiques que l’on utilise pour traiter les cultures.

Les avantages du biodéchet

Préservation des ressources en eau, réduction de l’empreinte environnemental du secteur agricole et augmentation de la matière organique des sols : les biodéchets font du bien à la planète quand ils sont valorisés sous forme d’engrais.

dimanche 12 août 2018

Recyclage : une entreprise norvégienne fabrique du pétrole grâce à des déchets plastiques

La start-up norvégienne Quantafuel a trouvé une solution innovante pour recycler le plastique : le transformer en carburant.


Près de 70 % des déchets plastiques collectés en Europe finissent dans les décharges ou sont incinérés selon l'association qui représente les producteurs européens de matières plastiques. L’entreprise norvégienne a trouvé une solution contre ce fléau, elle recycle le plastique en carburant. Le plastique étant fabriqué à partir du pétrole, il s’agit simplement de faire revenir la matière première à son état initial.
Le plastique est chauffé à environ 450 degrés pour obtenir ce pétrole. 
Une tonne de déchets donne 900 kilogrammes de carburant : environ 70 % en diesel, 15 % en essence, moins de 5 % en pétrole pur et le reste en gaz. L’entreprise travaille sur cette technologie depuis 2007 et prépare sa commercialisation depuis 2012. Sa première usine de transformation de déchets, ouverte en 2018, est basée à Skive, dans le nord du Danemark.

Un carburant à faible teneur en carbone

Cette technique, lors de sa combustion, émet à peu près la même quantité de carbone que le diesel traditionnel dans un moteur de voiture. La seule différence intervient pendant sa fabrication, le processus de production de Quantafuel réduit les émissions de dioxyde de carbone de 80 %, ce qui le met dans la catégorie des carburants à faible teneur en carbone.
Ce carburant est donc considérablement moins dommageable pour l’environnement que l’extraction de pétrole et de gaz. Et avec sa matière première recyclée, son coût est faible, l’entreprise est même rémunérée pour récupérer une partie du plastique !